Vangelis, Alexandra, Maria et Takis : dans les cuisines du Myconos et en salle, chacun met la main au mezze. photo Philippe BERGER

Vangelis, Alexandra, Maria et Takis : dans les cuisines du Myconos et en salle, chacun met la main au mezze.
photo Philippe BERGER

NAMUR – On ne casse plus la vaisselle au Myconos. Mais on y retrouve toujours le généreux soleil de Grèce dans les mezzes et les grillades. Papote avec Takis autour d’un petit café serré.

Le soleil s’invite aux terrasses des petits restos de la rue de la Halle, dans le Vieux Namur. «Ah, ça fait du bien », soupire de plaisir Takis, le patron du Myconos. On a beau avoir quitté son Péloponnèse natal depuis trente ans, on ne se refait pas…

«Je suis arrivé en Belgique à 20 ans, avec l’envie d’ouvrir un jour mon restaurant », débute le plus Namurois des Grecs (l’inverse est également vrai). «La langue et le climat : c’est ce qui fut le plus dur au début. Mais jamais je ne me suis senti comme un étranger en Belgique. »

Cuisinier et serveur dans un restaurant grec de Bruxelles, Takis, de son vrai nom Panagiotis Grigoropoulos, prendra la direction de Namur en 1986. «On venait de refaire le piétonnier dans la rue de la Halle. Il y avait ce commerce à reprendre. Jamais je n’ai eu à le regretter. »

26 ans plus tard, le Myconos va encore grandir. «Avec des cuisines plus spacieuses, on pourra proposer plus de suggestions. La cuisine grecque, on l’ignore, c’est aussi beaucoup de plats mijotés. Aussi bien de l’agneau, que du veau, de la volaille… »

Le resto grec du Vieux Namur a peu changé sa carte en un quart de siècle. C’est aussi ce qui a fait son (grand) succès. «Les gens viennent pour les classiques : les grillades, les mezzes… J’ai une clientèle incroyablement fidèle. J’adore revoir certains qui venaient déjà… en poussette avec leurs parents. »

Le thym, le laurier ou l’origan sont les princes des épices hellènes. «On n’oublie jamais la tomate. Pour le Grec, c’est sa pomme de terre… »

Les feuilles de vignes sont roulées à la main, maison. «Mon épouse en a roulé des milliers pendant des années », lance Takis. Le tarama y est divin. «Il est frais du jour. On le fait extrêmement léger en le montant comme une mousse. Le secret, ce sont les proportions de mie de pain, de pomme de terre qu’on y inclut. » Dans les cuisines, ça s’active. «Quand c’est le coup de feu, vu l’exiguïté des lieux, chaque geste est réfléchi », souligne Takis. Vangelis et Alexandra, les enfants de la maison, n’hésitent pas à mettre la main au mezze. La relève aura belle allure. «Pour leur futur métier, ce sera leur choix », tranche le patriarche.

Maria intervient : «Ma famille est plutôt originaire du Nord de la Grèce mais aussi d’une petite île où l’on trouve les meilleures pistaches. » Une petite discussion s’improvise au coin de la machine à café. En fermant les yeux, on se retrouve au bord de la mer Égée.

De retour à la terrasse, Takis serre la main à une personne sur deux qui passe dans la ruelle. «Mon village, c’est ici. Je vais voir ma maman et la famille deux fois par an. Cette année, ce sera à la cueillette des olives, en novembre. Mais quand je reviens et que je descends la route d’Hannut, je suis le plus heureux des hommes quand je découvre la citadelle. Je ne suis pas un marin mais le confluent, ça me fait quelque chose… »

Samuel husquin